salutation!

Salutation.
Tout d'abord, ce blog a été totalement supprimé, je n'ai gardé que l'adresse pour éviter de me casser le cul à en trouver une autre, j'ai donc effacé mes coms, mes articles perso et le reste. Je vous préviens que le début est un peu moisi, en effet il date de début 2005 et n'a que très peu été retouché. Cette histoire est écrite au fur et à mesure, il est donc fortement possible que certains chapitres soient retouchés de temps en temps, pour être cohérent avec la suite. Dans ces cas là, je marquerais les modification ci-dessous. Enfin, même si ce blog retranscrit mon univers et une partie de mon vécu, n'esperez pas retrouver des photos de ma vie pathétique, il n'y a que de rares images, dans le seul but de mettre un peu de couleur. Donc si vous ne vous sentez pas d'humeur à lire, vaut mieux vous casser tout de suite.

Dernier ajouts: - 04/11/07: petite modif chap 2( apparait en gras) et début chapitre 3
- 01/11/07: fin du chapitre un et mise en place du chapitre deux en totalité


PS: Bonne lecture!

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# Posté le mardi 31 janvier 2006 03:44

Modifié le dimanche 04 novembre 2007 12:32

CHAPITRE I début

CHAPITRE I début
"Prenez votre Hatier et faites moi les exercices un, trois, quatre, cinq, six a, dix et onze page cent quarante, cent quarante et un et je me tais et je travaille en silence."
Cette phrase avait claquée d'une manière qui aurait du avoir de l'effet sur les élèves selon le souhait de ce professeur. Malheureusement, elle, dans son mètre cinquante et un et sa cinquantaine d'années n'avait aucune chance contre des 4ème qui voyaient déjà tous le sommet de son crane sans se lever sur la pointe des pieds. Quand on n'est pas l'élève de Mme Bourg il est difficile de la comprendre. Il faut savoir qu'elle nomme les manuels scolaires par le nom de leur maison d'édition et qu'elle donne des ordres en parlant à la première personne du singulier. Ainsi, un ordre comme "asseyez-vous et taisez-vous!" donnait "je m'assois et je me tais." Bref, Mme Bourg faisait partie de ces professeurs au bout du rouleau, attendant l'heure de la retraite avec impatience.
En ce jour du seize décembre mille neuf cent quatre- vingt dix-neuf, jour où cette phrase avait été prononcée devant vingt-six élèves (dont deux à peu près aptes à suivre ce cours et un dont le cerveau était dans un état presque comateux depuis le début de l'heure), se trouvait Lily. Elle...euh...s'ennuyait pour ne pas dire autre chose de plus "vulgaire" selon les adultes mais pourtant plus adéquat à la situation. Elle s'ennuyait donc. Lily était élève en 3ème au collège Jeanne Mance. C'était un modeste établissement privé ou était inscrit à peine deux centaines d'élèves. Lily était une jeune fille, plutôt complexé par ses quelques rondeurs en trop, qui n'avait pas beaucoup d'amis. Elle était plutôt grande, avec des cheveux châtains clairs, des yeux verts sans éclat, un petit nez, des oreilles rondes et une tache de naissance sur sa fesse gauche.
Elle avait deux frères: Damien, l'ainé, grand, brun, au mauvais caractère. Ensuite, venait moi, Tom, son petit frère, né cinq ans après elle. Ce jour là, j'étais dans ma classe de Cm1 et je jouais les intellectuels auprès de ma classe déjà incompris et peu populaire auprès de ceux qui, plus tard, se feront un point d'honneur à m'éloigner de tout ce qui se rapprochera d'un semblant de vie sociale.
"Lily! averti Nicolas, un grand brun avec des taches de rousseur qui était assis à coté d'elle pendant les cours de français. Fais gaffe, Clignotant arrive vers toi et si elle vois que t'a pas fait tes exercices pour aujourd'hui, elle va encore s'exciter!"
Clignotant, c'est Mme Bourg. On la surnommait ainsi car elle avait de fâcheux tics, qu'elle avait acquis le long des années, qui la faisait cligner des yeux sans arrêt.
"T'inquiète, dit Lily, je vais lui montrer des anciens exos, j'ai juste changé les références, elle n'y verra que du feu la vieille.
-Ca va jamais marcher elle est pas stupide à ce point!
-Mais si et tu le sais très bien, t'es juste jaloux de pas avoir eu cette idée avant, d'ailleurs, ajouta-t-elle, je me demande si elle arrive encore à voir quelque chose derrière ses paupières sans cesse en mouvement...
-Je me tais et je travaille en silence Mlle (pas trouvé de nom)! Tonna la prof.
-Oui Mme Bourg!" rétorqua Lily, avec toute la focuserie dont elle pouvait se permettre.
L'Ennui est une chose perverse, que l'être humain cherche à tout prix à éviter, et assister à un cours de Français avec une prof qui ânonne sans entrain ses cours n'aide pas vraiment à tromper son Ennui. Tout en fixant la prof d'un ½il vitreux, Lily mâchouillait avec ardeur son crayon de papier quand elle se rendit compte qu'une de ses dernières dents de lait n'allait pas tarder à tomber. Il est vrai qu'il n'est guère commun d'avoir encore des dents de lait à quatorze ans mais Lily en avait encore trois, et bientôt plus que deux pensa-t-elle tandis qu'elle commençait à arracher délicatement les quelques nerf qui restaient autour de la couronne. Elle tira d'un coup et sentit le gout de son sang remplir lentement sa bouche, elle avait toujours apprécié cet instant car, à vrai dire, elle adorait le goût de son sang, tellement que même quand elle se blessait elle léchait la plaie avec délectation. Elle commença à colorier sa dent en rouge quand la cloche se mit à annoncer la fin de l'heure. Elle déposa sa dent dans sa poche et fit son sac pour aller à son cours préféré, celui de musique, seul cours où elle parvenait à avoir une moyenne acceptable.
16h50.Fin des cours. Environ cent quatre-vingt adolescents se dépêchèrent de quitter Jeanne Mance, collège si accueillant que même un inconditionnel de la vie se tirerai une balle rien qu'en voyant la façade triste, grise et sans âme de ce collège.
"T'es sur que tu veux pas rester un peu avec moi?
-C'est gentil Nico mais mes parents vont criser si je ne rentre pas maintenant." mentit Lily. Elle aimait bien Nicolas mais elle préférait garder ses distances car lui l'aimait un peu trop. Sachant qu'il pouvait se montrer très collant, Lily décida de passer par un autre chemin, plus long, certes, mais qui lui éviterai ainsi de subir les avances maladroites d'un adolescent pré-pubère en train d'apprendre, sans prendre la peine de passer par la théorie avant la pratique, tout le sens du mot rut.
Langres, petite ville de 8 000 habitants intra-muros, était une ville fortifiée avec ses remparts et ses petites ruelles sombres. Et, c'était par la petite rue aux chats -appelée ainsi pour la quantité de félidés qui y séjournaient- que Lily passait pour rentrer chez elle ce soir là. C'était une ruelle qui se terminait en angle droit avec un débouché sur une place dont je ne me souviens plus du nom. Lily avait oubliée deux choses essentielles d'abord qu'on était en hiver donc que la nuit tombait juste après les cours ensuite qu'elle n'avait que quatorze ans et qu'elle se trouvait seule dans une rue devenant obscure où n'importe quel individus pouvait l'agresser ou même la violer. Elle préféra donc accélérer le pas se rapprochant du virage en angle droit.
CRAC! Lily se retourna. Personne. Peut être un chat se dit elle quand elle entendit un autre craquement suivit d'un bruit de pas. Angoissée, elle se mit à courir tout en regardant derrière elle.
BLAF!!!
Elle venait de se prendre le mur de brique car, en regardant derrière elle, elle n'avait pas remarqué que le mur tournait à sa droite, lui permettant ainsi d'observer de plus près un somptueux mur en brique où se côtoyaient les toiles d'araignée et les fientes de pigeons.
Titubant sur le choc, elle se mit à saigner du nez. Tout en sortant un mouchoir elle fit tomber la dent qu'elle avait fraichement arrachée. Se souvenant qu'il faisait nuit, et que le bruit de pas qu'elle avait entendu pouvait toujours provenir d'une personne pas très catholique, elle décida de rentrer chez elle maugréant en sachant qu'elle avait gagné un mal de crâne pour la soirée.
Juste après que Lily ai tournée au coin de la rue, Squib sortit de sa cachette. Squib était un jeune écureuil, il avait un épais pelage roux pour faire face à l'hiver rigoureux qui s'annonçait. N'importe quelle petite fille qui serait passée en ce moment là se serait exclamé d'un gloussement niais en le voyant une phrase se rapprochant de : OH il est trop mimi maman je veux le même. Indubitablement, Squib était mignon. Mais comme tous les écureuils, sa capacité intellectuelle frisait celui d'un bulot cuit. Squib huma l'air. A première vue, il n'y avait pas d'Humains dans les environs. Squib sortit donc du trou qui lui servait de refuge et se rendit dans sa réserve de noisettes. Les écureuils aiment avoir un refuge et une cachette à provisions séparées. Squib n'échappait pas à la règle. Ses provisions étaient cachées dans un trou de taille moyenne avec une petite ouverture tout en bas du coin du mur. Considérant son intelligence, le fait qu'il connaisse toujours le lieu de sa réserve de noix, de noisettes et de tout ce qu'il avait pus trouver d'autre de comestible, frisait le miracle. En se rapprochant de sa réserve, il remarque quelque chose d'insolite. Devant le trou se trouvait... une dent! Bien sûr Squib n'en savait rien. Il décida de prendre cette chose blanche entre ses pattes, il la flaira, ça avait le goût d'Humain! Il décida quand même de goûter car il savait que les Humains avaient parfois de la nourriture bonne chez eux. Nan, cette fois rien à voir, ça avait l'odeur de l'Humain mais aussi le goût très fort de l'Humain! Il en connaissait déjà le goût car un petit d'Humain avec une voix couinante avait essayé de le toucher au printemps dernier et il avait dût se défendre, le truc s'était mis à couiner de plus en plus fort puis était partit très vite. Pendant deux jours ce goût infect était resté dans sa bouche.
Pourtant, Squib décida quand même de placer ce bout d'Humain à l'abri dans sa réserve. Il était en train d'y sortir quand il entendit un bruit de pas. Même s'il était plus près de sa réserve que de son terrier, la logique écureuil voulut qu'il courre vers son nid. Le bruit de pas se rapprochait. Squib était au près du mur s'apprêtant à l'escalader quand il sentit une forte odeur d'homme et une main aux doigts crochus s'emparât de lui. Squib était terrorisé. Un Humain avait osé le toucher! Frémissant de peur plus que d'indignation il essaya de le mordre mais n'y réussit point. L'autre main s'approcha de lui avec un objet à bout rond ressemblant à un fer à souder. Une seconde après le contact de l'objet avec la patte gauche de Squib, celui-ci s'embrasa. Dans un petit cri de douleur bref, la flamme de vie de Squib s'éteignit laissant place à un brasier spontané. L'homme relâcha sa prise, le cadavre plein de cloque de l'écureuil eut un réflexe post mortem, puis, celui-ci se transforma en cendre et le reste de Squib s'envola dès la première bourrasque légère.
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# Posté le mercredi 20 juin 2007 11:15

Modifié le jeudi 01 novembre 2007 11:17

CHAPITRE I suite et fin

CHAPITRE I suite et fin
« Lily ! Passe-moi de l'eau! braillais-je, j'ai soif !
- Tom ! Parle autrement à ta s½ur. S'indigna notre mère.
- Et on dit s'il te plait ! » Ajouta notre père.
Les cinq membres qui composaient notre famille étaient attablés, le père de Lily, par conséquent mon père aussi, était en bout de table. Plutôt corpulent pour ses quarante cinq ans bien tapées, il avait pour principales passions sa femme et la nourriture. Lily, par son caractère plutôt délicat et son coté ours grognon tenait de lui. Tout comme lui, elle avait cette fameuse tendance de donner une trop grande place à la nourriture dans sa vie. A la gauche de notre père, il y avait Damien, l'aîné. Damien était très brun, il avait la pomme d'Adam typique des adolescents de quinze ans qui ont grandi trop vite à certains endroits. En effet, il avait un grand cou, des grandes jambes mais des bras encore très courts. A sa droite, notre mère était occupée à me servir de l'eau après que Lily m'ai cordialement invité à me débrouiller seul grâce à un geste qui m'était largement explicite, malgré mon jeune age. C'était une femme au foyer aux cheveux grisonnants. Elle avait l'étrange manie maternelle de fouiller dans les chambres sous le prétexte de ranger. Ce n'était d'ailleurs pas très apprécié par Damien, qui, dans toutes la splendeur de l'adolescence, aimer ranger certain magazines à certains endroits loin des regards parentaux. J'étais à l'autre bout de la table, en face de mon père. J'étais encore un jeune enfant innocent. Bon à l'école, gentil, très agaçant envers mon frère et ma s½ur...Bref, l'enfant typique à la vie basique. Au pied de Lily, le chat, Némo, regardait avec intérêt le cochon d'inde perché sur son épaule. Lily adorait ce rongeur, c'était le seul qui la comprenait vraiment, à ses dires. Elle l'avait baptisé Mozart, en référence au ronronnement mélodieux qui s'en échappait lorsqu'elle le caressait.
« Alors, Lily, tu as bien travaillé à l'école aujourd'hui ? »
Damien étouffa son ricanement dans son verre d'eau.
« Boarf...émit-elle comme réponse.
- C'est-à-dire ?demanda notre mère.
- Ben, oui, un peu...
- Un peu ce n'est pas assez !lâcha notre père, tu as le Brevet cette année. Si tu veux être accepté dans un bon lycée...
- Je sais...
- Et tu n'auras pas le bon diplôme pour...
- Je sais, répéta Lily
- Tu sais, tu sais, mais ça ne t'empêche pas de ne rien faire des que tu rentre de l'école. Tu t'es encore barricadée dans ta chambre, seule avec ton rat...
- Mon cochon d'inde, rectifia-t-elle machinalement.
- C'est ça, maugréa-t-il, en tout cas, on vient de recevoir ton bulletin... »
L'atmosphère changea brusquement. Damien cessa de ricaner, le mot bulletin ne lui avait guère porté chance à lui non plus. Il ne pouvait s'empêcher de ressentir une solidarité fraternelle lorsque venait les résultats scolaires. Lily, elle, se raidit sur sa chaise, elle n'avait pas prévu cette attaque sous la ceinture. Elle n'avait prévu l'arrivée du carnet de note qu'après les fêtes de fin d'années.
« IL FAUDRAIT PEUT-ETRE QUE TU SONGES À TE METTRE À TRAVAILLER ! Rugit notre père.
-Ne crie pas comme ça! J'ai mal à la tête!se plaignit Lily
-Hé bien va te coucher et profites-en pour réviser pour ton Brevet blanc. »
Lily se leva, renversa la chaise, et se précipita dans sa chambre les larmes aux yeux. Dans une tentative pathétique de rébellion, elle claqua la porte. Elle s'allongea sur son lit. Le mal de crâne l'empêchait de se concentrer. Ses veines pulsant sans arrêt contre sa tempe, elle décida de fermer les yeux en s'efforçant de ne pas penser a ce que lui avait dis son père. La douleur lui parut moins insupportable. S'amusant des formes qui défilaient devant ses yeux, elle s'endormit sans s'en apercevoir.
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# Posté le jeudi 01 novembre 2007 11:11

CHAPITRE II début

CHAPITRE II début
"Mon bébé, il est l'heure de se réveiller! » chuchota une voix.
Eron grogna dans son sommeil.
« Mon chéri, il faut te lever. » insista la voix féminine.
Eron fit un geste vague de la main disant qu'il avait compris et que encore cinq minutes s'il te plait.
« Debout ou tu vas encore être en retard ! hurla la voix métallique de sa mère à travers le réveil qu'elle lui avait offert pour Noël.
Eron bondit de son lit. Il savait que si il laissait l'alarme de son réveil en marche, la voix de sa mère sera amplifiée à en faire trembler les murs de son appartement. Eron détestait cet appareil. C'est vrai, il avait du mal à se lever le matin. Heureusement il travaillait l'après midi et le soir, mais ce n'était pas une raison pour se voir offrir un réveil personnalisé. Sa mère avait décidé de le personnaliser de sa voix pour que son fiston soit réveillé par la plus douce voix du monde : celle de sa môman chérie. Tout en notant dans son esprit qu'il faudrait qu'il se débarrasse de ce maudit engin au plus vite, Eron se dirigea vers sa salle de transformation. Tout en titubant comme un zombie sortit de terre, il se prit les pieds dans ses habits de la veille. Son dimanche avait été comme le dimanche dernier et comme celui d'avant et d'avant...Eron se demandait depuis cinq ans comment il pourrait échapper au dimanche quotidien chez sa vieille mère. En plus, il détestait les habits qu'elle lui offrais, et qu'il devait mettre essentiellement pour lui faire plaisir, surtout les cravates fines représentant ses personnages de Bandes Dessinés préférés, ceux de ses sept ans. Aussi, Eron aimait, avec un sadisme non dissimulé, brûler ses cravates Jonny Reggman, ses pantoufles Joe le pingouin et ses lunettes aux branches représentant Gros Tapapouf, l'idole pachydermique des quatre-huit ans.
De toute façons, elle me les offre toujours en double, même en triple parfois, se dit-il en jetant une cravate Koko l'escargot au vide ordure. Tout en retournant vers la salle de transformation, il se demanda quelle excuse à peu près valable et non vérifiable il pourrait donner à sa mère pour éviter le prochain déjeuner et ainsi profiter de sa matinée du dimanche, ce qui lui permettrait de décuiter plus doucement de sa tournée des bars de la veille. Même sans gueule de bois, il trouvait que sa mère parlait déjà trop fort...
Alors après une cuite...pensa-t-il tout en entrant dans la salle. Celle-ci était d'une propreté éclatante. Au centre, se trouvait un unique objet, un tube de la taille d'un adulte. Eron s'en approcha, nu. Le tube était d'un blanc immaculé. Le jeune homme ouvrit la porte, y entra, le tube était aussi éclatant dehors que dedans. Lorsque Eron ferma la porte, un léger bourdonnement se fit entendre, puis un horrible bruit de succion. Aussitôt, un liquide vert émeraude sortit du sol par des petits trous en bas du tube, le remplissant peu à peu. Eron frissonna quand le liquide arriva à son cou ; il était glacé. Le jeune homme inspira profondément, sa tête fût immergée à son tour. Pendant quelques secondes, rien ne se passa. Puis, le liquide prit une consistance plus gluante pour devenir enfin une substance gélatineuse verdâtre. La gelée disparut enfin en se resserrant contre Eron comme une seconde peau. Sa tête émergea brusquement. Ses cheveux étaient propres, les traces de sommeil autour de ses yeux avaient disparus, ses dents étaient lavées. La gelée continuait de se presser autour du buste, du bas ventre et des jambes du jeune homme pour enfin créer un uniforme de travail vert émeraude parfaitement adapté à sa taille. A l'endroit où se trouve le c½ur était représenté un bébé se regardant dans un miroir, sa main gauche touchant la main de son reflet.
Eron se vautra sur son lit défait. Le réveil indiquait 10:35. Eron se promit de racheter un nouveau réveil personnalisé, peut-être arriverai-t-il même à demander a la jolie stagiaire de son travail de faire la voix ? Eron s'étira. Vraiment ce serait très relaxant d'entendre une voix suave lui susurrer des mots doux pour le réveiller vers, disons, midi, midi et demi... Se rendant compte qu'il commençait à imbiber de salive son oreiller, Eron décida de se relever. S'il se rendormait, il n'arriverait plus à se lever pour aller au travail. Se redressant, il porta son regard vers une lumière rouge qui clignotait sur le tas de linge sale de la veille. Eron courut vers la pile malodorante, fourra une main dans son pantalon, sortit son badge, un peigne et sa canette de bière fétiche avant de mettre enfin la main sur son portable. Son répondeur affichait deux nouveaux messages !
Il ont dû m'appeler pendant que je me changeait...se dit-il. Il marmonna : « lecture ». Aussitôt, une voix froide et métallique d'un ersatz de femme se fit entendre :
« Vous avez... deux nouveau message.
- Grouille ! murmura-t-il.
- Aujourd'hui...à...7:36...BIP ! »
Une vieille femme ridée aux cheveux grisonnant rattachés par un chignon, l'air sévère, apparut alors sur l'écran. Sa bouche ridée s'ouvrit alors et commença à débiter un flot de parole :
« Dis donc toi ! Tu n'étais pas sensé venir me voir ce matin à 7:00 pour que tu prennes un petit déjeuner en compagnie de ta chère mère ? J'imagine que nous sommes déjà en fin de matinée et que tu viens juste de te lever ? Je t'ai dit 100 fois que tu te couches trop tard mais toi tu... »
Connaissant trop bien sa mère, Eron murmura « accélérer » et les images de la vieille femme se mirent à défiler de plus en plus vite. C'était toujours comme ça ; elle partait dans de longs monologues et ne raccrochait qu'après avoir au moins parler de mariage, de descendance et de maison ou il pourrait l'accueillir pour ses vieux jours. Eron frissonna : à 23ans, penser à un éventuel mariage le mettait mal à l'aise... Il se jura de la rappeler des la fin du second message.
« Message numéro deux. Aujourd'hui... à... 10:29. BIP ! »
Le visage d'un homme de couleur aux cheveux blond figura à l'écran. Son visage avait l'air impassible, ses yeux étaient noir, mais on pouvait aisément percevoir une lueur d'intelligence briller avidement. Lorsqu'il parla, son timbre de voix était digne de celui d'un baryton. Il avait l'air d'être le genre d'homme à se faire obéir facilement sans qu'on lui oppose de résistance.
« Bonjour, dit-il de sa voix grave et profonde, je vous rappelle que le Projet va bientôt commencer. Si ma mémoire est exacte, vos nouveaux horaires de travail sont effectifs dès le début du Projet, c'est-à-dire aujourd'hui même. Celui-ci commencera à onze heures précise. Soyez à l'heure, cela serait dommage que je vienne à vous remplacer...
- Fin des nouveaux messages... conclut la voix automatique.»
L'horloge du répondeur indiquait 10:39. Eron bondit ; ramassa son badge et se rua hors de son appartement. Il habitait au 51ème étage. Il martela le bouton « ouvrir » de l'ascenseur, et se fondit parmi les autres habitants dans la cabine exiguë dès l'ouverture des portes. Le lieu de travail d'Eron se trouvait à cinquante kilomètres de son appartement. Il allait donc devoir prendre l'Electro...
Heureusement les ascenseurs sont rapides de nos jours, pensa-t-il.
En effet, une minute plus tard, Eron, bousculant une vieille femme voilée, se précipita dans le hall d'entrée, ouvrit la porte à la volée et se retrouva dehors à respirer l'air pollué de la ville. Sans prendre le temps de reprendre son souffle, il fonça droit vers une sorte de bus à trois étages ; il était pourpre et semblait flotter dans l'air. Lorsqu'il arriva devant les portes, Eron ne put s'empêcher de gémir : le bus était bondé. Tant bien que mal, il réussit à enfoncer son corps dans la masse grouillante et pleine de vie. Il reçu dans le ventre un attaché-case qu'un homme en costume bleu balançait au rythme de la musique qu'il écoutait. Le souffle coupé, Eron continua pourtant son périple vers un espace presque libre qu'il avait réussit à apercevoir derrière les innombrables têtes, bras et corps des passagers. Soudain, le bus démarra en trombe. Eron eut du mal à absorber le choc de la vitesse, il se rattrapa tant bien que mal à une barre. S'agrippant fermement à cette prise, il ferma les yeux ; l'Electro lui faisait mal au crâne, sûrement à cause du bourdonnement qu'il produisait en permanence. Mais Eron n'avait pas le choix, c'était le seul moyen de transport qu'il pouvait s'offrir, et puis il était très rapide. Alors tant pis, il devait chaque jour faire face à la foule, à ce bourdonnement, à cette odeur de transpiration et à cette sensation de se faire grignoter son espace vital par des inconnus. Un nouveau soubresaut lui appris qu'il était arrivé à destination. Cette fois, il n'eut pas à se frayer de passage puisque le flot de voyageur qui se déversait vers la sortie le poussait automatiquement à l'air libre. Se laissant porter, Eron regarda l'heure. Il ne lui restait que cinq minutes. Ne pouvant plus se permettre le luxe de badiner de peur de perdre son emploi, Eron accéléra le pas. Devant lui se trouvait le bâtiment principal de l'entreprise Clon'aid.
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# Posté le jeudi 01 novembre 2007 11:20

CHAPITRE II suite

CHAPITRE II suite
Forte de deux cent mille employés de par le monde, Clon'aid était l'entreprise la plus importante de la région. Bien qu'il travaillait ici depuis déjà six mois, lorsqu'il franchit le portail d'entrée, Eron ne put s'empêcher, une fois de plus, de trouver ce bâtiment gigantesque. Trois cent étages d'une tour de verre le surplombaient. De plus, les sous sols étaient enfouis a plus de quatre cent mètre de profondeur. Entourant la tour, une clairière entièrement naturelle avait été aménagée pour le bien être des employés. En effet, une étude fondée sur des bases sérieuses prouvait que l'on travaillait mieux au contact de la nature. Ainsi, en même temps que l'édification du l'immense tour, on avait créé artificiellement tout une biodiversité d'animaux, d'insectes et de plantes. L'engouement des travailleurs pour les chant d'un pinson pendant le travail, le fait de pouvoir observer une biche élever son faon pendant une conférence ou même de sentir la fraîcheur d'un sous bois pendant une réflexion intense relaxait tellement les employés que Clon'aid avait été promu meilleure entreprise du siècle. Cette idée novatrice n'avait eu que des effets bénéfiques sur les affaires, l'omniprésence de la nature avait détruite toutes envie de suicide aux travailleurs : Clon'aid était la seule à n'avoir jamais eu de psychologue d'entreprise.
Mais la chose la plus incongrue n'était pas le fait qu'une tour immense soit entourée d'une clairière et d'une rivière où au loin l'on pouvait entendre le chant d'une cascade. Non, le fait le plus dérangeant n'était pas l'impression de se sentir en route vers Brocéliande, le plus étrange était le Panthéon que l'on apercevait au bout du sentier conduisant au véritable c½ur de la foret. Le Panthéon avait été bâti pour ressembler exactement au monument historique grec du même nom. De savants architectes, historiens et géologue avait recréé le bâtiment tel qu'il était dans l'Antiquité. Le résultat avait dépassé toutes les attentes, le Panthéon donnait une sorte d'âme au lieu. Lorsqu'ils arrivaient au travail, les employés jetaient systématiquement un regard à la bâtisse Antique avant d'aller travailler. Ce monument était réservé à l'élite, seul quelqu'un ayant reçu un badge mauve, prouvant ainsi que sa présence était vitale aux besoins de l'entreprise, avait le pouvoir d'y accéder. Les personnes n'ayant pas eu ce privilège n'essayait même pas d'y pénétrer, la peine pour tentative d'intrusion en cas de flagrant délit était le renvoi immédiat et l'impossibilité de retrouver un emploi stable pour les vingt ans à venir. De toutes façons, les employés étaient en tellement bonne condition de travail qu'ils ne voulaient en aucun cas apaiser leur curiosité.
Eron ne prit pas la peine d'admirer le site paradisiaque et se précipita directement vers la tour de verre. Evitant de ci de là les gens qui entraient et sortaient de l'édifice, il entra dans le hall et regarda autour de lui. Il ne se souvenait plus du lieu de rendez vous. Ne sachant où aller, il courut vers une des secrétaires d'accueil. L'horloge aux dessus des bureaux indiquait que Eron venait d'être renvoyé, il était 11h02. Dépité, Eron, une main sur son point de coté, se prépara à faire demi-tour, lorsqu'une voix grave et amusée retentit :
« Il semblerait que j'ai perdu mon pari. »
C'était l'homme du message. Il était immense, son crâne chauve luisait sous la chaleur des néons, ses yeux d'un noir de jais donnaient vraiment l'impression d'être sondé, son visage était souriant. C'était un homme de couleur, plutôt corpulent, il dégageait une aura de puissance et de respect. C'était le patron d'Eron. Celui-ci ne pouvait s'empêcher de lui trouver un coté d'ogre. Il avait souvent eu une image fugitive de lui en train d'avaler ses adversaires. De plus, le fait qu'il soit réputé un requin en affaires n'arrangeait guère les visions d'Eron qui se rappelait toujours de ne jamais devenir son ennemi de quelque façon que se soit.
« Vous aviez parié que j'arriverait à l'heure ? ne put s'empêcher de demander Eron, avec douleur et regret.
- Pas du tout ! J'avais parié avec Hamako que vous seriez là avec dix minutes de retard ! »
Sur ce, il éclata d'un grand rire franc qui dévoila une dentition parfaitement rectiligne.
« Tenez, dit-il, tendant un café à Eron, et maintenant, suivez-moi.
- Vous ne me congédiez pas ? Pourtant, le Projet à débuté et vous m'aviez dit que...
- Vous apprendrez vite, dans ce métier, le poids des mots pour motiver vos troupes. J'ai dit qu'il serait dommage que je vienne à vous remplacer, je n'ai jamais dit que je vous limogerais pour un retard. De plus, ce serait ennuyant que je me sépare de vous, vous êtes plutôt bon, et pas trop insupportable, ajouta-t-il, souriant.
- Mais le Projet...
- Mentir raisonnablement est aussi une qualité pour motiver les lève tard. Le coupa-t-il. Le Projet a toujours été prévus pour 11 :30. Soyez plus attentif, je vous l'ai rappelé la veille. Cela vous aurait permis de prendre le prochain Electro... Et de vous coiffer. Et maintenant buvez ce café et suivez-moi.
- Bien, Monsieur Stral. répondit Eron, penaud.
- Je vous en prie, appelez moi Démoyon.
- Bien, Démoyon. » rectifia-t-il, mais en son fort intérieur, il savait qu'il ne verrait jamais son patron autrement qu'en tant que Monsieur Stral.
Tout en tentant de lisser ses cheveux, Eron suivit Stral vers un ascenseur. Celui-ci composa -6 et en quelques secondes, les portes se rouvrirent. Ils étaient maintenant face à un couloir mal éclairé. Une demi douzaine hommes armés s'y tenait.
« Monsieur, pardonnez moi, mais est-ce bien nécessaire ? dit-il en désignant une arme.
- Ne vous inquiétez pas, ils ne sont chargés qu'avec des tranquillisants. Au cas où elle se réveillerait avant l'heure ou dans l'éventualité que tout ne se passe pas comme prévu. Maintenant, je vous demanderai d'être totalement silencieux, il ne faudrait pas tout gâcher, nous sommes si près du but.
Eron aquiesca. Être l'assistant stagiaire du grand patron de Clon'aid lui avait permit d'observer Stral dans beaucoup de situation. Mais seule l'évocation du Projet lui donnait cette étincelle dans les yeux, celle du rêve de gosse qui se réalise enfin. Silencieux au possible, ils glissèrent par la porte du bout du couloir et entrèrent dans une salle à manger plutôt miteuse. Dans un coin, une vieille télévision émettait un léger vrombissement, la lumière blafarde d'un lampadaire projetait l'ombre d'un canapé dans toute la pièce, créant ainsi une pénombre peu rassurante. Eron suivit Stral à travers un couloir humide et bifurqua à droite, pénétrant ainsi dans une pièce à la suite de son patron.
La chambre était plutôt petite, elle ne contenait qu'une armoire, un lit et un bureau, les volets étaient fermé et la lumière jaunâtre créait des ombres blafardes sur les murs sobres. Sur le lit, se trouvait une adolescente. La première chose que remarqua Eron était sa pâleur inquiétante, comme si jamais elle n'avait jamais pus admirer la lueur du soleil. Eron et Stral restèrent quelques instants muets comme des tombes, admirant la jeune fille, sa poitrine plutôt généreuse se soulevant et s'abaissant au rythme de sa respiration. Stral semblait sur le point de pleurer ; l'étincelle dans ses yeux plus vive que jamais, il fit un geste à Eron signifiant qu'il était temps d'y aller. Après un dernier coup d'½il à la jeune fille, ils ressortirent par où ils étaient entrés. Dans le couloir, Stral annonça, ému :
« Il viennent juste de la débrancher, d'après nos calculs, elles se réveillera précisément à 11 :30.
- Et si elle ne se réveille pas ? demanda Eron.
- Elle se réveillera, son organisme aura un instinct de survie qui l'obligera à se commander de son propre chef. Mais je ne suis pas le mieux placé pour répondre à ces questions. Et maintenant, commençons ce que je rêve depuis quinze ans.
Une fois dans l'ascenseur, il tapa -9. Arrivé au niveau choisis, Eron suivit son chef dans une grande pièce remplie d'écrans de télévision, chacun montrant les différents lieux de la maison du niveau -6 sous plusieurs angles de vue. Eron trouva rapidement l'écran montrant la jeune fille endormie, celui-ci figurant au centre de la pièce et étant le plus grand de tous. Elle ne semblait pas avoir bougé d'un pouce, pourtant, on commençait à voir ses yeux s'agiter sous ses paupières.
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# Posté le jeudi 01 novembre 2007 11:23